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Traduire des faits en émotions pour mieux s’engager pour la planète

L'artiste Thijs Biersteker et le constructeur automobile Polestar entendent nous sensibiliser au pouvoir des énergies renouvelables. Mais aussi sur la manière dont les artistes, les consommateurs et les entreprises doivent réfléchir à l'impact négatif sur le climat de nos processus de production. Réflexion autour du design, des matériaux, de l'énergie et de la durabilité.

En 2013, quelques années après avoir été diplômé de l'académie Willem De Kooning de La Haye, Thijs Biersteker devenait directeur de création chez OAT Shoes, une startup dont les baskets sont entièrement fabriquées en matériau biodégradable. « Mettez-les en terre et un arbre en sortira », en était le slogan. Pour l’artiste et concepteur qu’il est devenu aujourd’hui, cette notion de durabilité persiste et est devenue le leitmotiv de son travail.

Rendre la durabilité plus accessible par l’art

Aujourd'hui, l'une de ses dernières créations, l'installation We Harvest Wind, en partenariat avec le constructeur automobile suédois Polestar, est exposée au Design Fest Gent. Polestar souhaite rendre le sujet complexe de la durabilité plus accessible en l'interprétant à travers le design et l'art. Au travers de ses propres voitures électriques, comme la Polestar 2 récemment lancée, mais aussi en coopérant avec des artistes qui partagent les mêmes valeurs, comme Thijs Biersteker.

Avec cette œuvre d'art, les deux partenaires veulent montrer, tant au niveau de la forme que de la fonction, quel peut être l'impact écologique de la conception de produits durables. Avec ses pales tournant autour d'un axe, que les visiteurs peuvent mettre en mouvement à l'aide de ventilateurs, l'installation symbolise le pouvoir des sources d'énergie renouvelables. Mais les matériaux à partir desquels l'œuvre a été réalisée sont au moins aussi intéressants : certains composants ont été imprimés en 3D à l'aide de plastique recyclé, une autre partie a été fabriquée à l'aide d'un biocomposite à base de lin.

Comment devient-on un artiste de la conscience ? D'où vous est venue l'idée que la durabilité devait être un thème permanent dans votre travail ?

Thijs Biersteker : « J’ai toujours vu combien il y a de plastique dans le monde et combien cela peut être polluant. J’ai dû me dire que je devais réagir à ce constat. Les produits font une grande différence dans le monde. Derrière eux, il y a une chaîne d'approvisionnement qui a un impact sur la planète : la façon dont ils sont fabriqués doit laisser une empreinte carbone aussi faible que possible, et les matériaux dont ils sont faits doivent être aussi recyclables ou biodégradables que possible. En approfondissant le sujet, j'ai commencé à lire des rapports scientifiques et je me suis demandé pourquoi personne ne semblait le savoir. Nous devons penser de manière radicalement différente la façon dont les choses sont fabriquées. Et l'un des plus grands défis est lié à la connaissance, car sans connaissance, rien ne se passe. »

Dans un monde idéal, chaque artiste serait-il un artiste de la conscience ? Considérez-vous cela comme un devoir pour l'art ?

Biersteker : « Je pense que oui. L'art reflète l'époque dans laquelle nous vivons et les questions de durabilité - écologiques, mais aussi sociales - sont d'une importance irréelle aujourd'hui. Il est donc tout à fait logique pour moi que ces thèmes figurent en bonne place dans mon travail. L'art est un moyen très puissant de rendre tangibles des choses qui sont en elles-mêmes invisibles. Parce que nous sommes de plus en plus conscients du problème climatique, mais le processus est lent car nous cela ne se déroule pas sous nos yeux.
En tant qu'artiste, vous pouvez faire la différence, vous pouvez remettre les choses en question. Et le problème du climat devient si pressant que je considère qu'il est de notre devoir d'utiliser ce pouvoir. À notre époque, il y a des choses plus importantes à explorer que notre propre ego. »

Pour votre nouvelle installation We Harvest Wind, vous travaillez avec des scientifiques qui s’appuient sur des données concrètes. Vous, en tant qu'artiste, faites valoir vos sentiments. Comment concilier les deux ?

Biersteker : « Toutes mes œuvres sont réalisées en collaboration avec des scientifiques, du biologiste italien Stefano Mancuso aux chercheurs de l'Unesco. Les scientifiques et les artistes ont besoin les uns des autres. Nous pouvons traduire les faits qu'ils découvrent en émotions parce que c'est nécessaire : il y a un grand décalage entre ce qui est découvert et ce qui est compris. La science a un impact énorme et les connaissances se développent aujourd'hui à un rythme effréné, mais la communication du monde scientifique vers la culture au sens large est trop écrasante : les gens sont submergés de faits scientifiques qui, de plus, sont racontés sans émotion. L'art peut être un pont dans ce domaine. »

A propos de We Harvest Wind : Quel est le résultat concret en termes de notoriété que vous visez ?

Biersteker : « En tant qu'artiste, vous ne pensez pas vraiment en termes de rendement quantifiable, mais plutôt d'impact. Je pense qu'il est important que l'œuvre voyage, qu'elle fasse réfléchir les visiteurs sur le pouvoir du vent dans différents endroits. L'énergie est quelque chose de très abstrait, je pense qu'il est utile pour les visiteurs de la voir. Ils peuvent déplacer eux-mêmes les ventilateurs, de sorte que l'installation fonctionne sous leur impulsion. Le pouvoir de l'énergie éolienne est littéralement entre nos mains. »

Le constructeur automobile suédois Polestar a participé au projet We Harvest Wind. Comment vous êtes-vous trouvés ?

Biersteker : « A partir des données qu'ils ont partagées pour la mise en place de We Harvest Wind, j'ai appris de nombreuses choses qui m'ont un peu plus ouvert les yeux. D’autant que la manière dont Polestar traite ses données est honnête et transparente. Comme le fait d’inclure la durabilité de la recharge de leurs voitures dans l'empreinte carbone de l'ensemble de son cycle de vie. Parce que, bien sûr, cela fait une grande différence que l'électricité provienne de l'énergie éolienne ou d'un incinérateur. C'est rafraîchissant de lire ces chiffres dans une industrie qui met souvent en place de grands écrans de fumée… de CO2 (rires) ».

Nous avons franchi tellement de points critiques en matière de réchauffement climatique que la société fait preuve d'un cynisme croissant sur le sujet. Vous, par contre, êtes catégorique : "Non, il n'est pas trop tard."

Biersteker : « Ce n'est pas par naïveté. Je suis très impliqué dans le réchauffement de la planète et je suis donc tout aussi conscient des points de basculement que nous avons déjà franchis. Mais je vois aussi beaucoup de choses encourageantes. Je constate un véritable changement de conscience dans la société, et quand on voit ce que nous avons appris entre-temps d'un point de vue scientifique, je suis convaincu que nous sommes capables d'avancer rapidement et d'atteindre des objectifs cruciaux, tels que le maintien du réchauffement climatique en dessous d'un degré et demi. Nous devrons tout mettre en œuvre, mais nous réussirons. »

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